Mikis Theodorakis - Photo: Pantelis Saitas

Pour une Europe des « peuples-nations » et des patries
Une Europe de la science, de l’art et de la culture
Une Europe du développement économique, industriel et social
Une Europe de la paix et de la solidarité entre les peuples.

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Affiche de concert, Israël 1973

La dénonciation du racisme et la défense de ses victimes ont guidé mes décisions et mes actes tout au long de ma vie. Une vie jalonnée de poursuites qui m’ont souvent précipité jusqu’au seuil de la mort.

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Angelique Ionatos

 

Quand j’ai vu ... Mikis Theodorakis et Manolis Glezos se faire gazer par les gendarmes, j’ai eu envie de mourir.

Vous faîtes des aller-retour constants entre France et Grèce. Y avez-vous participé à des manifestations ?

Angélique Ionatos : Oui. Je les ai vécues avec, à la fois, beaucoup d’espoir et de désespoir. Quand j’ai vu des gens comme Mikis Theodorakis et Manolis Glezos se faire gazer par les gendarmes, j’ai eu envie de mourir. On a envoyé des gaz lacrymogènes sur ces deux vieux résistants qui étaient descendus dans la rue pour soutenir les Grecs … J’ai eu tellement honte. Quand je vois le parti néo-nazi, ce ramassis de voyous démagogues, populistes et xénophobes, récolter tant de voix, j’ai honte qu’ils soient grecs. J’ai honte que, dans un pays qui a inventé le mot « philoxenia », qui signifie l’hospitalité, on en soit là.

Extrait d'une interview par François Mauger
www.mondomix.com

Mikis Theodorakis & Manolis Glezos

 

Où va la Grèce ?

Édito du 20 février 2012

L’avenir de l’Europe se joue en Grèce. Plus que les élections présidentielles françaises, où la polarisation à marche forcée entre Nicolas Sarkozy et François Hollande se précise chaque jour un peu plus depuis l’entrée en lice du candidat président, la crise grecque concentre les ingrédients d’un cocktail explosif.

La tension est perceptible dans les images des manifestations de rue qui tournent à l’émeute, dans les occupations de locaux administratifs, dans la montée des extrêmes. Jamais peut-être la ressemblance avec les années trente n’est apparue aussi vraisemblable. Après le vote du cinquième plan d’austérité, les grecs sont à bout. Baisser de 22% le salaire minimum - ce qui équivaut à un revenu de 500 euros par mois - et couper de plusieurs milliards dans les dépenses publiques alors qu’on est en pleine récession, sont des actes de guerre sociale qui détruisent la société et le pays pour les décennies à venir. Près de 30% de la population a basculé en dessous du seuil de pauvreté, nombre de magasins ont fermé leur porte au cours des deux dernières années, l’Etat, qui a toujours été faible, devient inexistant, les services publics les plus élémentaires s’écroulent, les manuels scolaires n’ont pas été distribués cette année, la situation sanitaire est catastrophique : les hôpitaux manquent de tout, y compris de médicaments, ,es retraites ont baissé de 20%... Comment peut on espérer que la Grèce se relève avec ce traitement de cheval ?

Tandis que les classes moyennes et populaires sont attaquées frontalement, aucune mesure n’est prise pour baisser le niveau des dépenses militaires exorbitantes du pays ; Les entreprises françaises d’armement sont prioritaires ! On ne va quand même pas laisser Dassault ou Lagardère sans les subventions de l’Etat grec en faillite ! L’église grecque ne paie pas d’impôt ; On ne va pas laisser la population sans un soutien spirituel ! Les armateurs grecs ne paient pas leur impôt ; On ne va pas laisser le commerce maritime sans dérégulation !... En Grèce comme ailleurs, l’austérité est une notion à géométrie variable.

La population hellène éprouve aujourd’hui du dégoût pour les politiciens qui la gouvernent parce qu’elle a le sentiment qu’ils ont bradé sans vergogne son niveau de vie et sa souveraineté. La troïka qui a pris le pouvoir à Athènes tient sa légitimité de l’extérieur : Ce sont les représentants du FMI, de la Banque Centrale européenne et de la Commission européenne qui ont remplacé l’État, au sens premier du terme. Pour les Grecs, cette soumission est assimilée à un coup d’Etat rampant. Que l’influence de l’Allemagne y soit déterminante ravive des souvenirs douloureux dans la patrie de Socrate. Le berceau de la démocratie s’est construit sur l’idée de la Résistance à toutes les dominations ;

Que deux « figures » de 87 et 89 ans, Mikis Théodorakis et Manolis Glésos, exercent une influence aussi importante sur le mouvement en dit long sur l’idée que se font les grecs d’eux mêmes. Ils ont résisté à l’occupation italienne et allemande, ils ont résisté à la dictature entre 1967 et 1974, ils résistent aujourd’hui à ce qu’ils considèrent comme un mauvais coup de leur classe politique et à un ordre européen injuste. Dans leur manifeste, les deux vieux lions dénoncent : « une poignée de banques internationales, d’agences d’évaluation, de fonds d’investissement [...] qui revendiquent le pouvoir en Europe et dans le monde et se préparent à abolir [les] États et [la] démocratie en utilisant l’arme de la dette ». Ils veulent susciter un sursaut national pour "arrêter cette politique irresponsable et criminelle d’austérité et de privatisation, qui conduit à une crise pire que celle de 1929 ». Avec Daniel Cohn-Bendit, ils rappellent la dette que l’Allemagne doit à la Grèce depuis l’occupation nazie : Hitler avait en effet forcé le Trésor grec à prêter de l’argent au Reich (une somme évaluée aujourd’hui à 108 milliards d’euros, selon qu’on y ajoute intérêts et réparations), que l’Allemagne, même réunifiée, a toujours refusé de rembourser, malgré les engagements pris lors de l’accord de Londres en 1953. Un comité pour l’audit citoyen de la dette grecque s’est mis en place pour en demander l’annulation et vérifier la traçabilité de cette dette.

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Mikis Theodorakis et Manolis Glezos, deux combattants indestructibles

Nous sommes déjà dans un état de faillite absolue

 

Athens News : Pourquoi considérez-vous le vote du programme d’austérité comme une trahison ?

Mikis Theodorakis: En 2009, la Grèce était à un niveau de, disons, 100. En deux ans, la troïka, le FMI et notre gouvernement nous a conduits à Ground Zero, ce que le premier ministre Loukas Papademos a concédé. Personne ne se demande pourquoi le pays se dirige vers le chaos, même si on nous dit de temps en temps que les Européens nous ont envoyé des dizaines de milliards d’euros? Où va cet argent? Il va directement à nos créanciers, tandis que l’état se surcharge avec une nouvelle dette et le paiement des intérêts. C’est comme cela que la dette a augmenté à 160% du PIB, et avec le nouveau paquet 130 milliards d’ euro elle augmente à 180%. Cela est sans précédent, et cela signifie que nous serons pieds et poings liés sur le pieu de la dette et de l’intérêt pour les 150 prochaines années. De quel droit les partis qui représentent une minorité (les sondages donnent le Pasok à 6% et la Nouvelle Démocratie à 20%) décident de l’avenir de la Grèce pour les 100 prochaines années?

Quelles ont été vos pensées quand vous avez entendu le débat parlementaire sur le plan de sauvetage?

Je ne suis pas intéressé par un parlement qui représente une minorité de la nation – ils totalisent moins de 50% de l’électorat combinés. D’un point de vue constitutionnel, le parlement est illégal, parce qu’il prépare un coup, tout comme les membres de la junte.

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Mikis Theodorakis s'explique

La Vérité sur la Grèce

Un complot international est en cours, visant à mener à terme la destruction de mon pays. Les assaillants ont commencé en 1975, avec comme cible la culture grecque moderne, puis ils ont poursuivi la décomposition de notre histoire récente et de notre identité nationale et aujourd’hui ils essaient de nous exterminer physiquement par le chômage, la famine et la misère. Si le peuple grec ne se soulève pas pour les arrêter, le risque de disparition de la Grèce est bien réel. Je la vois arriver dans les dix prochaines années. Le seul élément qui va survivre de notre pays sera la mémoire de notre civilisation et de nos luttes pour la liberté.

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Arrêtons de sauver les banques sur le dos du peuple grec

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Manolis Glezos délibérément attaqué

"... pratiquement une tentative de meurtre ..."

J'ai suivi presque toutes les manifestations à Athènes depuis 1970 et c'était l'une des plus importantes que j'ai vues.


Elle débordait au-delà de la place Syntagma dans les rues proches et la combativité de la foule reflétait bien l'état d'esprit de la population grecque qui rejette massivement les décisions votées par le Parlement.
Malgré les gaz lacrymogènes les gens essayaient de rester.

Nous avons été scandalisés par l'attaque dont ont fait l'objet Mikis Théodorakis, 85 ans, et Manolis Glezos, bientôt 90 ans, deux grandes figures de la Résistance et de la défense de la démocratie en Grèce. J'étais avec eux et sans aucune raison, la police les a gazés. Sur des personnes de leur âge, avec les problèmes de santé qu'ils ont, c'était pratiquement une tentative de meurtre alors qu'on leur avait donné l'assurance que rien ne serait fait contre eux. Cela n'a pas été la seule provocation.

Paru in: La Dépêche du Midi, 13.2.

Rectificatif:
Il n'y a eu aucune assurance, ni pour Theodorakis ni pour Glézos, de quelque côté et de quelque sorte que ce fût...

Theodorakis Syntagma 12.2.

De fortes doses de gaz lacrymogène

Malgré les défections d'une quarantaine de députés des partis de la coalition gouvernementale, le nouveau plan d'austérité imposé à la Grèce par l'Union européenne et le Fonds monétaire international a été adopté par le parlement. Dans la rue, les manifestations sévèrement réprimées ont fait au moins 50 blessés à Athènes et de nombreux immeubles en feu.

Deux figures historiques de la Grèce contemporaine, Manolis Glezos et Mikis Theodorakis, présents dans la manifestation, ont reçu de fortes doses de gaz lacrymogène.

envoyé spécial, Fabien Perrier

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